La Gare
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A la découverte du paysA la découverte du pays Guerlédan - ArgoatAvec le vert intense qui partout domine,relevé ça et là de l'or des touffes de genêts ou d'ajoncs, le paysage incite à fureter parmi landes et prairies, en quête de richesses cachées ou au hasard de l'inspiration. La surprise est là , au détour du chemin : une chapelle, une fontaine, un bouquet de bouleaux blancs sur un tapis de bruyère, quelque marque d'un passé tourmenté et son cortège de mystères, ou tout simplement le murmure d'un cours d'eau aux berges accueillantes qui sonne comme un appel à sortir le pique-nique. Guerlédan-Argoat est un pays vallonné où naissent la plupart des rivières de Bretagne avant qu'elles ne serpentent, au gré des reliefs, jusqu'aux proches rivages de la Manche ou de l'Océan. Ce guide est à l'image du Pays, une invitation à la découverte. Et s'il met certains lieux en avant, ce n'est Au pays de l’eau Le temps est loin où les péniches gravissaient, une à une, les marches qui les hissaient à plus de 180 mètres au-dessus du niveau de la mer pour franchir les montagnes érodées du massif armoricain. Trop lent, dépassé par le chemin de fer, coupé en deux par le barrage de Guerlédan après quelques dizaines d'années de service, le canal de Nantes à Brest aura finalement très peu servi. On lui doit aujourd'hui les magnifiques chemins de halage qui traversent la Bretagne au gré de ses plus belles vallées, et une ribambelle d'écluses qui jalonnent le parcours du Guerlédan : à pied, à cheval, à vélo L'arrivée à Guerlédan est une surprise. Le regard, bercé jusqu'alors par un bocage légèrement vallonné, plonge soudainement au creux d'une vallée profonde où se reflète la surface du lac de Guerlédan. Retenu par un barrage Bon-Repos, si bien nommé Posée dans la verdure, en retrait du canal de Nantes à Brest formant un coude à cet endroit, l'Abbaye de Bon-Repos fait face à la forêt de Quénécan qui occupe toute la rive opposée. L'endroit et ses alentours immédiats sont un concentré d'Histoire. L'abbaye date du 12ème siècle. Longtemps prospère, elle fut abandonnée, incendiée par les chouans et pillée de ses pierres. Tout près, alors que l'on s'enfonce dans la forêt, l'ancien village sidérurgique des Forges des Salles, aménagé pour les visites, témoigne du passé industriel du Centre Bretagne au 18ème et 19ème siècles. Et distantes d'à peine deux kilomètres, les landes de Liscuis sont un autre appel à remonter le temps. Le sentier, raide, serpente entre des éperons rocheux,véritables lames de pierre qui semblent défendre la crête contre d'improbables envahisseurs. De temps à autre, un arbuste téméraire émerge des fougères, ajoncs et bruyères qui forment l'essentiel de la végétation. Tout en haut, suprême récompense, les allées couvertes de Liscuis parachèvent le décor. Il suffit alors de fermer les yeux et de se laisser envahir par la magie des lieux pour se sentir en harmonie avec les ancêtres qui venaient ici célébrer leurs morts. La grande tranchée de Glomel L'endroit est paisible, tout juste troublé par le toc-toc-toc opiniâtre d'un pivert, qui se répercute à l'infini entre les deux collines boisées de pins, de hêtres et châtaigniers qui bordent le canal. Avec une altitude de 184 mètres, la grande tranchée de Glomel en est le point le plus haut. La décision de construire le canal de Nantes à Brest fut prise par Napoléon pour désenclaver la Bretagne centrale et relier les grands ports bretons sans passer par la mer. Celle-ci était jugée peu sûre, la marine anglaise y faisant sa loi. Le tracé utilisait principalement les cours d'eau, mais il restait à joindre le Blavet à l'Aulne, au niveau Glomel. La grande tranchée, longue de trois kilomètres, large de 100 mètres dans sa partie supérieure, et d'une profondeur qui atteint 23 mètres, sera creusée dans des conditions hallucinantes : à la main, la terre étant portée à la brouette ou à dos d'hommes, par 600 bagnards vivant dans des conditions épouvantables. Nombre y ont laissé la vie, usés par le labeur et la maladie. Aujourd'hui, la sérénité des lieux a gommé les traces du passé. Tout au plus le promeneur averti observerat-il de temps à autre un arbre couché, preuve d'une instabilité persistante des centaines de milliers de mètres cubes de glaise bleue arrachés là , du fond de la tranchée.
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